[Les courtes de l’équipe #8] Les crayonneurs du cinéma

Cette semaine, nous allons à la rencontre de Fabien, un dessinateur de…dessins animés ! Avec plus de 30 ans d’expérience dans le métier, il a crayonné sur des séries comme « La Pimpa » et des longs métrages tels que « Astérix et les Vikings », « La Prophétie des grenouilles », « Mia et le Migou » ou « Une vie de chat ». Aujourd’hui, il est l’un des derniers dans la profession à avoir travaillé sur papier, la technologie informatique étant entrée dans le processus de fabrication.

Dessinateur de dessin animé

Quel est ton parcours ?

Formé aux arts graphiques dans une école de dessin publicitaire, je me suis dirigé vers le dessin d’animation dans les années 90, période propice à un élan dans la fabrication de séries télé en France. J’ai ensuite rejoint un studio à Montpellier pour lequel j’ai travaillé sur plusieurs long métrages, où je faisais du « layout ». J’ai par la suite travaillé dans des studios à Angoulême et à Valence en tant qu’assistant animateur.

Concrètement, comment fabrique-t-on un film d’animation ?

La fabrication d’un film d’animation traditionnel, sur papier (qui n’existe pratiquement plus aujourd’hui), passe par de nombreuses étapes. Tout d’abord, il y a l’écriture du scénario. Vient ensuite la conception d’une charte graphique : les décors, les personnages, ect. Puis, un « storyboard » est établi où chaque scène sera définie et dessinée en petites vignettes afin d’en régler le timing, le cadrage, les mouvements de camera et aussi le son (les voix). A ce stade, la découpe et le rythme pourront être remaniés. Ensuite, on réalise l’enregistrement de la bande son. Le « layout », qui vient après, consiste à ordonner techniquement chaque scène afin de lui attribuer les indications définitives et une finalisation stable pour le cadrage, les décors, l’animation des personnages et le timing. Cela permet la conception des décors définitifs (atelier décors). Puis vient la phase de l’animation des personnages et des objets (celle où j’interviens). Enfin, c’est l’étape du « compositing » qui consiste au montage, à l’assemblage final et au rajout des effets spéciaux.

Peux-tu nous expliquer la phase de l’animation, où tu interviens ?

Pour une animation fluide, il faut compter 12 dessins par seconde ce qui peut devenir rapidement considérable. Pour cela les équipes sont divisées en 3 parties. L’animateur dessine les poses principales du personnage dans la scène (poses clefs) et il ajoute le rythme pour les dessins manquants sous forme d’échelle de temps. Son dessin est souvent esquissé (« rough »). L’assistant animateur revient sur les dessins de l’animateur afin de bien les remettre au modèle et au propre (« clean »). Il dessine les poses intermédiaires, suivant les échelles de temps imposées par l’animateur. L’intervalliste se charge des derniers dessins restants, souvent très rapprochés. Il va sans dire que ce schéma d’équipe n’existe plus aujourd’hui dans le contexte des normes informatiques qui ont révolutionné les pratiques de fabrication. Les postes d’assistant animateur et d’intervalliste, à quelques exceptions près, sont rayés de la profession.

Quels sont les changements de demain ?

Le monde de l’animation a toujours été en perpétuelle évolution avec les recherches techniques dans leurs époques respectives.
On y associe souvent le terme « dessin animé » car les bases fondamentales dans la conception de films d’animation ont été élaborées pour beaucoup avec la pratique du dessin. Aujourd’hui, la technologie informatique a entièrement englobé la fabrication. Pour des raisons de rentabilité, le dessin sur papier n’existe plus, à de rares exceptions, relégué à un stade artisanal.

lapin dessin animé

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