Les courtes de l’équipe #16 | Tours, berceau français du court métrage

Clermont Ferrand, Grenoble, Trouville ou encore Coté Court, ça vous dit quelque chose n’est-ce pas ? Mais les « journées internationales du film de court métrage » à Tours, vous connaissez ?

Focus sur cette première manifestation sans qui le court métrage ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.


Retour en 1955, nous sommes 10 ans après la fin de la guerre, la quatrième république se termine et « Autant en Emporte le Vent »  fait un carton dans les salles de cinéma françaises. C’est déjà la 22ème remise des Oscars aux États-Unis et le festival de Cannes n’aura pas lieu en raison de problèmes budgétaires. (really ?)

-Ça y est vous y êtes ?  Toujours pas ?

Les 30 Glorieuses, le début de la couleur au cinéma, Jean Gabin ou encore la Renault 4CV ! C’est dans ce contexte, à Tours, qu’aura lieu la première manifestation cinématographique exclusivement consacré au court métrage.

En plein cœur de la ville, plus de 4000 personnes se bousculeront lors des 8 séances du cinéma de l’ABC et du Rex. Pour assister aux remises de prix, les invités devaient se rendre au cinéma l’Olympia, aujourd’hui Théâtre de Olympia. (si vous êtes de passage à Tours, c’est le must de votre visite)

Une nouvelle vague de courts métrages

C’est une révolution pour le petit monde du court métrage. Très vite, le festival prend de l’ampleur et met en lumière des réalisateurs encore connus aujourd’hui comme Roman Polanski, Agnès Verda, ou encore Jean-Luc Godard qui ira même jusqu’à dire «  Vous ne saurez jamais combien Paris, vu de Tours, est ennuyeux, vulgaire et triste ».

«  Vous ne saurez jamais combien Paris, vu de Tours, est ennuyeux, vulgaire et triste ». J.L Godard

Le festival connaît un fort succès autant sur la scène nationale qu’internationale. Et pour cause! Il compte plus de 18 000 entrées dans les années 60 et rassemble près de 20 nationalités. Néanmoins, et ce malgré la notoriété grandissante du festival, les organisateurs décideront de le supprimer dix ans plus tard.

En effet, Jean Royer, alors maire de Tours, que l’on qualifiait de « père la pudeur »  contestait  de plus en plus certaines scènes qu’il considérait comme « allant à l’encontre des bonnes mœurs ». Sous ces contraintes et restrictions, c’est ainsi que Pierre Barbin, André Martin ou encore Roger Leehardt, président du festival, prirent eux-mêmes la décision d’interrompre définitivement le festival.

Et oui, rappelez-vous, nous sommes post 1968 ! Les censures et l’autorité ne sont pas la bienvenue. Et c’est tant mieux ! Sinon, que serait le cinéma sans la liberté ?

Mais l’histoire ne se termine pas là. Elle continue dans la capitale des Alpes où les organisateurs tentent de relancer l’aventure en 1978. Et oui, vous l’avez compris le festival du « Film Court en Pleine air » de Grenoble est en réalité la continuité de celui de Tours. D’où son appellation du plus ancien festival de film court métrage en France !

Sources : https://www.ina.fr/video/CAF97061796 https://www.37degres-mag.fr/societe/histloire-les-journees-internationales-du-film-de-court-metrage-de-tours/

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